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Mercredi 22 août 2007

Depuis quelques jours on reparle de volatiles atteints du virus H5N1. Cela m'a donné l'idée de ressortir mon vieux livre "Le secrétaire de tout le monde", car parmi tous les modèles de lettres qu'il contient, je me rappelais y avoir vu ce document, dans la rubrique "Formules d'actes usuels". Déjà, à l'époque, (fin du 19ème siècle) les autorités devaient procéder à la mise en place de mesures pour endiguer les épidémies atteignant les animaux.






Procès-verbal pour bestiaux (ou chevaux) attaqués de contagion.

"Ce jourd'hui, dix décembre mil huit cent soixante-quatorze, nous, N....., Maire (ou Adjoint) de la commune de ...., averti que le sieur Thomas Dupont, fermier, habitant ladite commune, avait des vaches (ou des moutons ou des chevaux) malades, nous avons reconnu que ces animaux étaient attaqués d'une maladie contagieuse (indiquer la nature de la maladie, telle que la péripneumonie contagieuse, le charbon pour les bêtes à cornes, la clavelée pour les moutons, la morve, le farcin pour les chevaux). Cette affection étant incurable, nous avons ordonné qu'elles fussent abattues, enfouies à cinquante mètres des habitations, dans une fosse de deux mètres soixante centimètres au moins de profondeur, leur peau tailladée et coupée en divers endroits ; de plus, que les murs, auges, râteliers et sol de l'étable (ou de l'écurie) seraient lavés à l'eau de javelle étendue d'eau, ou à l'eau de chaux, dans les vingt-quatre heures pour tout délai. (Si la maladie, quoique contagieuse, n'est pas mortelle, on substitue le libellé suivant à ce qui précède). Nous avons ordonné que ces animaux fussent séparés des autres et renfermés de manière à ne communiquer avec aucun animal de la commune ; de plus, nous lui avons fait défense de les conduire aux pâturages et abreuvoirs communs. De tout ce que dessus, nous avons dressé le présent procès-verbal que le sieur Laurent a signé avec nous.

A ......... les jour et an susdits.


Le Maire,  N***




Dimanche 11 mars 2007


Je reprends ce petit livre qui date je vous le rappelle d'à peu près 1873, et j'ai choisi les pages qui concernent les demandes de grâce à une haute autorité : président de la République, Ministre, évêque, préfet ... le désarroi est réel, les formules sont pour le moins imagées, comme vous pouvez le constater.

 

Requête pour demander la grâce d'une personne condamnée au bannissement

A M. le Président de la République.

"Monsieur,

 Un homme qui, jusqu'à une époque bien fatale pour lui, avait toujours marché dans le sentier de l'honneur, s'est laissé égarer par les sophismes revêtus des couleurs spécieuses de patriotisme et de bien public.

Circonvenu par des hommes qui l'ont mis en avant, il s'est trouvé posé de manière à ne pouvoir reculer qu'en rompant brusquement avec eux.

Par faiblesse, il n'a osé prendre ce parti qui l'eût sauvé, et il s'est compromis d'une manière si grave, que le conseil de guerre de la .... division militaire l'a condamné à la déportation.

Aujourd'hui, Monsieur, revenu de son erreur, il déteste les principes qui l'ont conduit à l'abîme. Il reconnaît que les vains principes mis en avant par des hommes fallacieux, cachaient des projets de désordre et de bouleversement propres à favoriser soit des ambitions particulières, soit la spoliation et le vol.

Renonçant pour toujours à un rôle politique quelconque et surtout à se mêler à aucune manifestation ennemie de l'ordre, il vient vous supplier de pardonner un moment d'égarement et d'accorder au repentir le plus sincère un généreux pardon ou du moins une atténuation de peine qui lui permette de toucher de nouveau le sol de la patrie.

Il a l'honneur d'être avec le plus profond respect,

Monsieur le Président,

Votre très humble, très-obéissant serviteur,"
(date et adresse.)

 




Recours en grâce d'une épouse en faveur de son mari condamné à mort.

A M. le Président de la République.

"Monsieur,

Une épouse au désespoir, mère de quatre enfants, vient se jeter à vos pieds pour implorer de votre bonté la grâce de son mari (ou une commutation de peine), condamné à mort par arrêt du Tribunal criminel de .... en date du ... (ou par le conseil de guerre siégeant à ...).

(Dire ici en très peu de mots les motifs qui peuvent atténuer le crime du condamné et continuer ainsi) :

Puissent les larmes, les angoisses d'une mère, les pleurs des enfants à qui le glaive de la loi enlèvera un époux, un père, toucher votre coeur si clément et si généreux ! Puisse le ciel accueillir les ardentes prières que je lui adresse afin qu'il vous porte à accorder à mon mari un généreux pardon ou du moins une commutation de peine !

Alors moi et mes enfants, nous bénierons sans cesse votre nom et nous prierons Dieu de vous récompenser dans ce monde et dans l'autre.

Dans cet espoir qui me soutient encore,

J'ai l'honneur d'être avec le plus profond respect,

Monsieur le Président,

Votre très-humble et très-obéissante servante."


Samedi 1 juillet 2006

Quand DH est absent ..... Madame a du mal à joindre les deux bouts .... et lui réclame des sous ! (pour dévaliser les merceries ???? ;-)))

 

 

Lettre d'une Femme à son Mari absent pour lui demander de l'argent.

"Mon cher ami,

Voici bien longtemps que je n'ai reçu de tes nouvelles. J'espère que tu te portes bien ; écris-moi promptement pour m'en donner l'assurance et pour m'envoyer un peu d'argent ; car je me trouve dans une grande gêne.

Je pense que tes appointements doivent te donner le moyen de m'envoyer quelque chose chaque mois. Je ne te demanderais rien, si ce que je gagne pouvait suffire à mon entretien, mais tu sais que le travail d'une femme rapporte peu de chose, et j'ai nos deux enfants à nourrir.

Je compte donc sur une prompte réponse.

Je t'embrasse bien tendrement,
Ton affectionnée amie."


Réponse à la lettre ci-dessus.


"Ma chère amie,

Tu as bien fait de m'écrire ; je t'envoie ci-inclus un peu d'argent en un mandat de poste, et chaque mois je t'en enverrai autant. Si mes appointements étaient plus considérables, la somme serait plus forte ; mais ce que je te fais passer est tout ce qu'il m'a été possible de mettre de côté sur mon entretien. Soigne bien ta santé ; ne te fatigue pas trop, et embrasse bien tendrement pour moi nos deux chers enfants.

Ton affectionné époux."

Samedi 10 juin 2006

 

Cette lettre est typique des lettres qu'on n'écrit plus, ou tout au moins, pas en utilisant ces mots, si désuets mais courant à la fin des années 1800. Texto, SMS, e-mail ont remplacé ces phrases parfois très imagées .... pour dire au revoir à sa maman qui part pour un long voyage.

 

 

Lettre d'une jeune Fille à sa Mère qui vient de la quitter pour un long voyage

"Ma Mère chérie,

Bien que depuis longtemps tu m'eusses préparée à l'idée de notre séparation, la douleur que j'ai éprouvée lorsque tu as été partie a été si vive, qu'il ne me semblait pas possible de la supporter.

Tout ce qui m'entoure me parle de toi et me fait davantage sentir ton absence. Où sont ces longues conversations intimes où mon âme s'épanchait chaque jour dans la tienne, où sont ces bonnes paroles qui sortaient de tes lèvres et me réconfortaient dans les heures de soucis et d'angoisses qui assombrissent si souvent mon esprit.

Ecris-moi souvent et longuement, chère Mère, que tes lettres viennent, s'il est possible, combler un peu le vide causé par ton éloignement, et si ma correspondance ne t'ennuie pas trop, eh bien, moi aussi, je t'écrirai souvent, bien souvent même.

Adieu, chère Mère, que ce papier te porte tous les baisers que je lui donne à ton intention.

Ta fille bien tendrement affectionnée".


Mercredi 17 mai 2006



Comme toute relation employeur / employé, celles qui unissent les parents à la nourrice de leur enfant connaissent des hauts et des bas..... La préoccupation majeure de la maman du petit est bien sûr de savoir si bébé est bien nourri et si sa maman temporaire s'en occcupe bien, et celle de la nourrice est d'être payée, et dans les temps ! Voici quelques modèles de lettres illustrant ces propos :

 

Lettre de reproche à une Nourrice

"Madame,

J'apprends à l'instant, par une voie indirecte, que vous avez sevré mon enfant sans m'en prévenir ; cependant il n'a encore que six mois.

Quel est le motif de ce prompt sevrage ? Répondez-moi franchement à ce sujet ?

D'un autre côté, on m'assure que vous n'avez pas pour votre nourrisson tous les soins que réclame un enfant de cet âge. Vous le laissez absolument seul dans son berceau, lorsque vous allez aux champs, et vous ne le tenez pas aussi proprement que je le désirerais. J'irai le voir incessamment ; si en effet mes reproches sont fondés, je ne vous cache pas que je retirerai mon enfant de vos mains.

J'ai l'honneur de vous saluer."



Lettre d'une Nourrice qui ne peut continuer l'allaitement d'un enfant

"Monsieur et Madame,

Je viens vous prévenir que je ne puis continuer l'allaitement de votre enfant, parce que je suis devenue enceinte ; mais il a maintenant huit mois, je l'ai sevré, et je le nourrirai avec du bon lait. Le médecin m'a dit que je pourrais lui donner des panades et des soupes au vermicelle, au lait ou au bouillon. Soyez persuadés que je continuerai à avoir pour lui les plus grands soins ; car je l'aime comme si c'était mon propre enfant. Il ne paraît pas se trouver plus mal du changement de nourriture, car il ne s'est jamais si bien porté.

Votre très-humble et très-obéissante servante."



Lettre d'une Nourrice pour réclamer ce qui lui est dû

"Monsieur (ou Madame),

Voici plusieurs mois d'allaitement qui nous sont dus. Ayez la bonté de mettre plus d'exactitude dans le paiement des mois de nourrice, si vous ne voulez pas que votre enfant pâtisse en même temps que nous ; car ces retards nous mettent dans la plus grande gêne, et nos moyens sont trop bornés pour nous permettre d'attendre.

Ayez donc la bonté de nous envoyer aussitôt une bonne partie de ce que vous nous devez, si vous ne pouvez envoyer le tout à la fois.

Nous avons l'honneur de vous saluer."


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